Sublime – L’Arpeggiata – Christina Pluhar

Si, porque te quiero, quieres, Llorona, Que yo la muerte reciba
Que se haga tu voluntad, Ay, Llorona, por suerte de Dios no viva.

Ay, de mi, Llorona, Llorona, Llorona de ayer y hoy.
Ayer maravilla fui, Llorona, y ahora ni sombra soy.

No sé lo que tienen las flores, Llorona, las flores de un campo santo
Que cuando las mueve el viento, Llorona, parece que estan llorando.

Ay, de mi, Llorona, Llorona, Llorona, de azul celeste.
Y aunque la vida me cueste, Llorona, no dejaré de quererte…

 

Ayer lloraba por verte, Llorona, y hoy lloro porque te vi.

Cada vez que entra la noche, Llorona, me pongo a pensar y digo:
¿De que me sirve la cama, Llorona, si tu no duermes conmigo?

Dicen que no tengo duelo, Llorona, porque no me ven llorar;
Hay muertos que no hacen ruido, Llorona, y es mas grande su pesar.

Ay de mi llorona, llorona, Llorona, llevame al rio;
Tapame con tu rebozo, Llorona, porque me muero de frío.

Si al cielo subir pudiera, Llorona, las estrellas te bajara,
La luna a tus pies pusiera, Llorona, con el sol te coronara.

No creas que por que canto, Llorona, tengo el corazon alegre
tambien de dolor se canta, Llorona, cuando llorar no se puede

Las campanas claro dicen, Llorona, sus esquilas van volteando,
si mueres, muero contigo, ay, Llorona, si vives, te sigo amando.

Dos besos llevo en el alma, Llorona, que no se apartan de mi;
el último de mi madre, Llorona, y el primero que te di.

El que no sabe de amores llorona, no sabe lo que es martirio.

Dícen que el primer amor, ay Llorona, es grande y es verdadero
Pero el último es mejor, ay Llorona, y más grande que el primero.

Me quitaran de quererte, ay Llorona, pero de olvidarte nunca…

 

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With the years I’ll still remember…

Now the summer days are ending,
   leaves are falling, red and gold
Now the warmth of love is fading
   and the nights are getting cold
From the east the wind is blowing,
   now the sky's no longer blue
Overhead the clouds are growing,
   summer's gone and so are you

You wanted to be free,
   love was just a game to you
 
And you never meant to be
   at this autumn rendez-vous

All the happiness life gave me
   changed to emptiness today
Now that you no longer love me,
   autumn's come, it's here to stay
Life seems empty now without you,
   it's not easy to forget
I may learn to live without you
   but I'll always feel regret

I would cry but it's no good,
   tears won't bring you back to me
Though I'd stop you if I could,
   I can't change what has to be

With the years I'll still remember
   and in time the hurt will go
I'll forget this sad October
   and be glad I loved you so

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Tour d’horizons

Hi there!

Les bonnes choses ont une fin. Le temps file à toute allure, plus que quelques semaines avant de quitter mon identité de Sydneysider, et de sonner donc la fin d’une bonne chose: celle de mon petit bout de vie ici. Le moment est venu de rassembler un peu les derniers souvenirs. Une belle expérience, qui aurait pu être "un bel exemple d’intégration" comme dirait l’autre. Après avoir trouvé la maison idéale et la collocataire assortie, un véhicule vert carburant à l’huile de genoux (mon vélo), après s’être recréé un entourage amico-familial (de première bourre!) et trouvé de nouvelles passions, il ne me restait plus qu’à trouver… un boulot.
    
Et oui, le chômage ne m’a pas quitté depuis mon arrivée et c’est la seule tache dans mon parcours d’immigré du dimanche. Pourtant ce n’est pas faute d’avoir essayé: je ne compte plus les petites expériences par ci par là que j’ai eues tout au long de l’année. La première dans le café sud-américain où travaillaient Lizbeth et Hortensia, un petit café commerce-équitable où je devais servir du bacon et des oeufs brouillés à des groupes de touristes chinois. Cependant les patrons de cafés ne courent pas après les serveurs et ne jurent que par les baristas. Barista, un bien grand mot pour une si petite fonction: le barista est un type qui sait se servir d’une machine à café! Pour accéder aux hautes fonction de barista il faut apparemment débourser 100 à 150$ pour passer un test de quelques heures, à livre ouvert. En cas de problème les examinateurs sont là pour vous ouvrir la bonne page (voire pointer du doigt la bonne ligne!) pour vous donner la bonne réponse… Bref un test idiot mais un bon business. N’étant pas vraiment décidé à rentrer dans ce système, j’essaye un autre plan: une annonce sur Gumtree (un vrai phénomène social ce site) très accrocheuse, rédigée de manière à vous faire croire que le job consiste à faire trois fois rien en s’amusant… Je me suis alors retrouvé à déambuler dans les rues des quartiers riches du sud de la ville, vêtu d’un polo bleu pétant avec la mention "Milkman" placardée dans le dos. Distribuer du lait ça m’aurait bien plu mais voilà l’arnaque: le boulot ne tenait pas vraiment du laitier mais plutôt du VRP. On ne m’y reprendra plus: frapper aux portes des gens jusqu’au vendredi soir pour leur soutirer une commande de lait, de pain et de fruits ainsi que leur numéro de carte bancaire, d’une part ça ne se fait pas, et d’autre part je ne sais pas faire! La preuve: étant payé à la commission j’ai passé mes journées à leur faire de la pub mais pas une vente, donc pas rond. A part les mauvais côtés: éviter les maisons sombres et glauques, les chiens méchants, les grand-mères qui ont peur de vous et les bourgeoises désoeuvrées qui médisent sur leurs voisines, j’ai quand même pu papoter avec quelques petits vieux, c’était la partie la plus sympathique de ce boulot assez ingrat avouons-le! J’ai du donc me payer moi même en chapardant une glacière et un stylo… que le ciel me pardonne. Comme oin était sensés parcourir les rues noires jusqu’à 21h en plein hiver, je m’offrait des congés non payés dès la nuit tombée pour aller me promener au bord des petites baies encore sauvages auxquelles les gens ne prêtent même pas attention. On a beau vivre dans des endroits enchanteurs, certains s’obstinent à vivre au rythme 4×4 boulot dodo alors qu’ils pourraient facilement y ajouter bâteau, noix de coco et plouf à l’eau!
   
J’ai donc fait une croix sur ma carrière de colporteur pour prendre la casquette de préparateur de sandwiches à Mossman (encore un quartier huppé) dans un petit magasin tout minuscule tenu par deux filles de Singapour: pain blanc… complet… multi-céréales… attention toujours l’avocat en premier! puis la viande… ne pas oublier de saler et poivrer sur la tomate! Mais ce fut encore de courte durée. Je me suis retrouvé plus tard à l’étal d’un fromager italien, derrière une barrique sur laquelle se tenait une énorme meule de gorgonzola crémeux à faire les dégustations. Mon dernier job en date fut celui de serveur dans un café français nommé "la cachette" grâce au piston de la commère Roro. Commencé au café… fini au café. L’Australie est bien un pays de café, ou plutôt de caféS: on ne commande pas un "café" en Australie, on commande un flat white, un latté, un strong black, un short black, un capuccino, un machiatto, avec ou sans sucre, extra shot s’il vous plaît, et option lait de soja! Enfin voilà côté emploi la précarité règne! Mais je serais injuste d’oublier ma casquette de prof de français, la seule qui soit restée sur ma tête jusqu’au bout! Ca va faire maintenant 5 mois que j’enseigne le français à Linda, une journaliste du journal local "The Glebe". L’autre jour elle m’a apporté "La Vie En Rose" (très clichés ces anglo-saxons) alors depuis je riposte avec d’autres chansons dans mes cours. Mais avec 1h3O par semaine, à ce rythme là ce n’est plus un boulot, c’est carrément un loisir.
  
Côté fac, excepté le cours de statistiques de Mr Wong et son accent obscur qui ne m’ont pas emballés (surtout en ces temps de crise et de spéculations)  pas mal de sorties intéressantes en dehors des sentiers battus: une introduction à la linguistique systémique fonctionnelle, une invention Australienne, et découverte de la phonologie du Japonais, du chinois, du roumain et du Bengali.
 
 Depuis l’aventure Nord-Queenslandaise je n’ai pas arrêté de voler. Après maintes petites virées de weekend en Ford Falcon autour de Sydney et une grosse excursion à melbourne (toutes à l’improviste), c’est fin Octobre que l’appel d’Uluru s’est fait sentir. [Uluru: le nom aborigène d'Ayers Rock, le fameux rocher rouge planté en plein centre du continent] On a fait un bon de plusieurs milliers de kilomètres vers le Territoire du Nord (qui n’est que territoire car la situation de son économie ne lui permet pas d’accéder au statut d’Etat) pour arriver à Alice Springs, la ville la plus proche du rocher (à 500km de là quand même!). Alice Springs, la ville la plus perdue au monde. Un petit bout de verdure bloqué entre deux collines rocheuses. Dès qu’on tourne le dos à la ville le regard se perd dans un désert de cailloux rosés. Contrairement à Sydney on y croise beaucoup d’aborigènes, mais le tableau est assez navrant: des gens saouls du matin au soir et parfois violents. Bref une image qui déssert complétement leur cause et augmente le dédain dans les yeux des touristes peu avertis. L’explication: ces gens sont restés bloqués à Alice Springs soit faute d’argent pour rentrer dans leur communauté, soit parce qu’ils y ont commis une faute grave et en ont été bannis… ensuite le classique cercle vicieux de la dépression et de l’alcool. A Alice on trouve des galleries d’art aborigène à chaque coin de rue. A part l’allocation du gouvernement qui leur est réservée, la vente d’obget d’art est la seule rentrée d’argent des communautés disséminées dans le désert. Hors des galleries, dans la rue, certains croient désespérément pouvoir faire le même business comme cette femme qui nous a tiré par le bras pour nous montrer son oeuvre, un dessin d’Uluru qui n’avait rien de distinguable de mes anciens pâtés de petit occidental de 4 ans. Mais le plus inquiétant était qu’il n’y avait rien d’aborigène dans ce dessin, rien. Rien qui aurait pu dire d’où cette femme venait, bref… encore une victime du génocide culturel.
   
 Une tempête avait ravagé les arbres du backpacker où on logeait et avait nettement refroidit l’air: 14°C dans le désert! Invraissemblable mais c’est ça qui est bon! Le lendemain nous sommes partis de bonne heure dans le bus bourré de backpackers comme nous mais aussi quelques gens plus âgés voyageant seuls que le hasard avait fait atterrir là et qui ont été pour beaucoup dans l’ambiance familiale qui régnait dans le groupe. Cette allemande baraquée qui faisait parfois entendre dans son accent peu tendre que la musique était trop forte (THOU LAOUD!) mais qui avait l’air d’être calée en botanique et nous emmenait voir la moindre petite fleur qui l’intriguait. Ou ce petit bout de femme d’Afrique du Sud, multilingue, qui pouvait discuter avec les trois quarts des membres du groupe dans leur langue maternelle. Ou ce grandpère NéoZélandais sans enfants, débrouillard comme pas deux, et qui nous aurait allumé un feu de camp avec deux brindilles, à la mode cro-magnon.

                               ————————————————- S T O P ! ————————————————-

Bon, j’avais commencé ce billet il y a quelques semaines déjà et il n’est toujours pas fini… mais ça tombe bien! Sinon je n’aurai plus rien à vous raconter à mon retour! J’aime écrire tout en détail pour pouvoir me souvenir mais j’arrive rarement à capter fidèlement les ambiances, et les sentiments surtout quand j’en ai d’autres en tête, mais j’espère que je saurai mieux vous les raconter quand je serai là. De là où je vous écris maintenant pour ce dernier billet, il est 6h… Singapour s’éveille. Je viens de dormir 6 heures à l’aéroport et je ne décolle pas avant 6 autres heures. Je vais donc tenter une sortie et essayer de visiter un peu la ville. Je serai donc bref: J’ai vécu mont petit bout de vie en Australie comme sur un nuage, l’isolement a finalement ses avantages. J’ai l’impression que mon dernier passage à Singapour (dans l’autre sens) était hier. Comme si en dehors du nuage le temps ne s’était pas écoulé… Peut-être qu’en France le temps s’est écoulé différemment, j’en aurai une idée dans quelques heures. En tous cas même si d’un point de vue spacial je retourne à la case départ, j’ai le sentiment d’avoir avancé. appris beaucoup de choses sur ce que j’aime vraiment et ce que je n’aime vraiment pas, récemment la chose la plus surprenante que j’ai découverte est que j’aimais danser! Enfin ce voyage était à faire, j’en garderai les meilleurs souvenirs, de belles amitiés et la certitude pour maintenant et pour plus tard que l’important n’est pas la destination mais bien le voyage lui même.

Je vous embrasse tous, et espère voir chacun de vous bientôt après ma descente de nuage!

Nico, heureux comme Ulysse!

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Nouvelles avariées mais diverses et variées vol.2: Aventure tropicale

Bonjour à vous,
 
et surtout bonne rentrée à ceux qui reprennent… je compatis!
 
Voici comme prévu le récit de mes pérégrinations dans le grand Nord… tropical! Cétait le mois de Juillet, l’hiver Australien était bien là: nuits et matins glacés. Comme la couette ne suffit pas, on a donc quelques chauffages électriques à brancher dans les chambres pour éviter les réveils grelottants mais la chaleur ne reste jamais longtemps car aucune maison n’est isolée ici, priorité à la ventilation pour les mois d’été caniculaires. A Sydney le temps alternait entre une semaine beau temps et une semaine pluie en continu, les collègues français étaient partis faire du tourisme en famille et la rentrée, ma rentrée à moi, (c’est à dire début Août) approchait à grands pas. J’avais donc envie de changer d’air et d’aller vadrouiller aussi. Je me suis décidé comme souvent au dernier moment et dans le plus pur imprévu: j’ai filé chez une agence de voyages pour backpackers (les routards qui partent explorer l’Australie avec un visa valide un an, permis de travail compris afin de s’arrêter le plus souvent dans les fermes pour cueillir des fruits et gagner quelques dollars pour continuer leur voyage). J’ai donc consulté les vendeurs d’aventures et je suis sorti au bout d’une heure avec une aventure bien à moi et au meilleur prix. Je me suis étonné moi même d’avoir réussi à marchander comme un vrai vendeur de poissons (sûrement le fruit de toutes ces petites expériences dans la vente ces derniers mois… mais ceci est une autre histoire!).
 
Depuis un certain temps déjà à la télé et dans les journaux on ne parlait que de l’arrivée du Pape, de tout ce qu’il fallait prévoir pour la sécurité et la circulation des gens en ville. Et puis un jour elles sont enfin arrivées… les JMJ! Mais ma foi, ma foi ne fut pas assez grande pour aller déambuler dans les rues avec tous ces gens pieux en T-shirts, casquettes et sacs à dos jaune et rouge. D’autant plus que mon départ tombait en plein dans la semaine des festivités. Je suis donc parti de la maison un jeudi, mon sac de cours bourré de tout ce dont j’aurais besoin pour une semaine d’aventure, je remercie au passage les coutures qui ont bien voulu résister à la pression interne et ont bien voulu dissuader le sac d’exploser! J’avais deux solutions: monter dans le train depuis chez moi et arriver directement à l’aéroport (et en avance pour une fois) ou alors pousser à pied jusqu’au port à Circular Quay pour prendre le train là bas et voir au passage l’arrivée du pape. Je ne sais par quel élan de piété ou de curiosité… j’ai choisi la deuxième solution! Ca fait toujours plaisir de voir l’opéra quand il fait beau, et au fond c’est pas tous les jours qu’un Pape viens chez vous! J’ai donc marché dans les rues vides de voitures jusqu’au port où Benoît devait débarquer après un accueil officiel célébré par la communauté aborigène (accueil où à ma grande déception les membres du bas peuples et les immigrés comme moi n’étaient pas invités :( …) suivi d’une mini croisière dans la baie à l’aide de la papamobile insubmersible! Une fois arrivé au lieu des festivités j’ai pu me rendre compte de la variété de la foule amassée sur les quais et collée aux rembardes qui protègeaient le passage de monsieur le Souverain Pontife. J’ai du rester là 20 min histoire de m’impregner de l’ambiance: un écran géant était posé sur l’herbe et annoncait les étapes du parcours de M. Seize. Des gens calmes, d’autres impatients et surexcités comme cette mère latino-américaine à côté de moi qui s’est empressée de traîner son fils auprès d’un cardinal (ou en tout cas un homme tout de violet vêtu, mais l’habit fait-il le cardinal?) qui se tenait près de là pour qu’il bénisse l’enfant. La tension était palpable sur les quais car le pape devait accoster bientôt. Mais Mister Seize était loin d’être à l’heure j’ai donc du quitter Sydney ensoleillée, sa foule et ses bondieuseries car le destin m’attendait ailleurs!
 
*Jour 1:
Je commence à bien connaître le trajet en train du port à l’aéroport, puis le traditionel débouclage de ceinture avant de traverser les rayons x en se tenant le froc tant bien que mal! Direction plein Nord, l’état du Queensland, survol de Brisbane puis du tropique du capricorne pour atteinde la côte Whitsunday (Whitsunday c’est la Pentecôte) face à la barrière de corail. Quelques petites inquiétudes dans l’avion de la compagnie low cost notamment à la vue des hôtesses qui se cramponaient dans une zone de turbulences un peu plus fortes que d’habitude et qui ont manqué de s’étaler dans l’allée centrale, ainsi que cet atterrissage de brute, rien à voir avec les atterrisage de velours des longs courriers. Mais nous en sommes tout de même sortis vivants. On a posé le pied sur le petit aéroport de Proserpine à la nuit tombée. De là un bus a déposé chaque voyageur dans son hotel. Certains descendaient au luxueux "Club Crocodile" avec piscine jacuzzi spa massages et j’en passe… Pour ma part je crêchait dans un modeste backpacker à Airlie Beach, une minuscule ville sur la côte d’où partent les bâteaux de croisière pour les îles Whitsundays, ma première étape! Un petit tour sur la plage plongée dans la nuit et puis hop au dodo.
 
*Jour 2:
Le lendemain le soleil, la chaleur et le ciel bleu étaient au rendez-vous, j’avais changé de saison en quelques heures d’avion! J’en ai donc profité pour découvrir la côte au grand jour et taper un peu la bronzette. Si seulement je ne m’étais pas étalé cette crème bizarre sur la figure… je ne sais pas ce qu’il y avait à l’intérieur mais je me suis retrouvé avec les mains et la face orange carotte pendant une semaine! Enfin après avoir fait le homard pendant quelques heures j’ai rejoint la marina où m’attendait le Pégasus, un vieux trois mâts prêt à accueillir une trentaine de jeunes backpackers de tous horizons. Pendant que le voilier mettait le cap sur les îles tout le monde faisait un peu connaissance, pas de français mais des québecois fort sympathiques. Si parfois l’accent pose des problèmes de compréhension, tout l’art de parler aux quebecois réside dans le maintien de son sang-froid, on serait bien embêté de vexer des gens aussi charmants par un vulgaire fou rire! Des hollandaises, des anglais, des américains et bien d’autres pays étaient réunis sur le même bâteau pour trois jours de croisière. Je partageais ma cabine avec des écossais. Pour loger tout ce monde le moindre centimètre carré est économisé, pour chaque lit un étroit matelas de 50cm de large adossé au mur comme une étagère sur lequel il fallait se glisser car l’espace entre deux lits superposés ne permettait pas de se tenir assis. Chaque recoin de couloir, chaque banquette était utilisée pour loger un dormeur de sorte qu’on puisse vivre à trente sans problèmes. A la guerre comme à la guerre, la vie à bord nécessitait de se plier aux règles de rationnement: pas de douche de plus d’une minute montre en main, pas plus d’un bac d’évier d’eau pour nettoyer la vaisselle des trente passagers et pas plus de trois feuilles de papier par passage aux toilettes! sans quoi il aurait fallu retourner illico au port car aucune des 74 îles de l’archipel n’a de source. Quelques heures après le coucher de soleil le bâteau a jeté l’ancre entre deux iles et le barbecue à la poupe fut allumé afin de griller quelques saucisses de kangourou. Puis tout le monde s’est endormi aidé par le balancement presque imperceptible du Pegasus.
 
*Jour 3:
Mon lourd sommeil fut arrêté net par le beuglement du patron derrière le gouvernail: BREAAAAAAKFAAAAAAAAAAAAAAAAST !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Le bâteau était déjà en route et faisait cap sur la plus grande île, Whitsunday Island. Après le p’tit dej sur le pont le bâteau s’est arrêté dans une petite baie deja occupée par d’autres bâteaux de croisière tous plus luxueux les uns que les autres. A côté nous on faisait un peu coquille de noix! Qu’à cela ne tienne, l’île nous attendait: le petit zodiac que l’on trainait a l’arrière du bateau depuis le départ fut réquisitionné pour nous débarquer sur le rivage coralien et caillouteux. Nous voilà donc partis sur le sentier qui s’enfonçait immédiatement dans la forêt épaisse qui recouvre l’île. Ce n’est qu’une fois atteint le sommet que nous pûmes découvrir ce que cachait l’autre versant de la colline: une immense plage de sable immaculé formant avec d’autres îlots une enceinte naturelle où des bancs de sable couleur neige zebraient la mer turquoise! De Whitehaven Beach (plage du refuge blanc) nous avons poursuivi notre route dans les îles pour aller passer l’après midi dans une crique à observer les coraux tels les snorkis avec palmes et tuba. Après un petit tour de plongée en bouteille nous sommes repartis trouver un coin face au soleil couchant pour passer la nuit. C’est à ce moment du voyage que nous avons fait la rencontre impressionante et inoubliable d’un des plus grand animaux de cette planète! La nuit est tombée, le bâteau mouillait  près d’un îlot aux flancs escarpés et on attendait le dîner allongés sur le pont, la tête dans les étoiles. C’était notre dernière nuit a bord du Pegasus et les gentils organisateurs étaient décidés à faire la nouba. Après le dîner l’ambiance était aux jeux: pendant que les anglais s’adonnaient à un étrange jeu de baffes dont les règles m’échapent encore, j’étais aux jeux de cartes à l’intérieur en compagnie des francophones d’Amérique un peu émêchés qui m’ont appris une charmante ritournelle de leur pays: "jfais pipi sur le gazon, pour embêter les coccinelles, jfais pipi sur le gazon, pour embêter les limaçons". Certains ont passé la nuit à se lancer des défis douteux allant du strip tease au plongeon tout habillé dans les eaux sombres. Le pire fut d’entendre hurler de terreur la chef cuisto et un passager anglais qui se débattaient dans l’eau au milieu de tranches de pain de mie que certains avaient balancées depuis le pont pour attirer les poissons-chauve-souris, ces gros poissons gris, ronds, plats et à l’aspect gélatineux qui bouffent tout ce que l’on veut bien leur balancer. Puis les G.O. du navire nous ont rassemblés sur le pont et divisés en deux groupes alignés de chaque côté du bâteau. Le but pour nous à babord était de battre le groupe de tribord dans des courses rocambolesque comme par exemple transporter une pièce de 50 cents d’un bout à l’autre du bâteau en ne s’aidant que de ses muscles fessiers! Tous ces gigotements absurdes ont servi malgré tout à finir de rapprocher les membres de l’equipage qui ne se connaissaient pas deux jours auparavant, et à passer une bonne nuit.
 
*Jour 4:
Lever de bonne heure, le temps d’avaler quelques cérales et hop c’est reparti: on enfile la combi, le masque, le tuba et les palmes et plouf à l’eau. Cette fois pas de zodiac, il faut nager dans les eaux profondes pour atteindre le rivage en faisant abstraction des ces répugnants poissons-chauve-souris. Mais l’effort en vaut la peine, les rochers fourmillent de poissons colorés. Tout le monde remonte à bord après une bonne heure de safari sous-marin puis retour à la marina d’Airlie Beach. Il était temps, un gros rhume s’annonce. La journée est courte, à peine arrivé au backpacker que je m’endors cloué au lit et bourré de médicaments. Dans le dortoir douze personnes c’est un véritable concert: Un type emet des ronflements tonitruants à se faire éclater les tympans, un fille ricane bêtement en se moquant de celui qui ronfle, le lit en dessous du mien grince sans arrêt et est malheureusement occupé par un couple qui n’a decidément pas envie de dormir, le tout couvert par mes reniflements réguliers!
 
*Jour 5:
Après une nuit mémorable me voilà reparti vers le nord, dès potron minet je monte à bord du bus en partance pour Cairns. Au programme: de la route, de la route, et encore de la route parmi les champs de canne à sucre. Heureusement le bus est équipé d’une télé, l’occasion de voir un excellent film "Secrets de famille" avec Rowan Atkinson (Mr Bean), l’histoire d’un pasteur anglais dont la famille est en déroute. Une gouvernante fraîchement engagée est décidée à remettre de l’ordre, mais la vieille dame a des solutions plutôt drastiques et élimine les gêneurs à coups de pelle ou de fer à repasser! Le second film en revanche était un peu faible, (culcul serait peut-être un adjectif plus adapté): Deux gamines découvrent une sirène dans la piscine de leur hôtel en bord de mer. Et chouette elles deviennent copines! Mais manque de bol la sirène veut découvrir l’amour! Elle transforme donc sa queue de poisson en jambes (c’est plus pratique pour draguer!) et les deux gamines lui arrangent un coup avec un surfeur kéké du coin. Mais attention il faut qu’elle lui donne un baiser d’amour avant le troisième coucher du soleil sinon… Andersen doit se retourner dans sa tombe et crier plagiat par la même occasion! Mais grâce tout ça le temps est passé plus vite et le rhume aussi, ce qui m’a permit d’aller faire un tour dans les rues de Cairns à la nuit tombée avant de regagner un dortoir 4 personnes bien plus tranquille que la veille.
 
*Jour 6:
C’est à bord d’un minibus que j’ai repris la route le lendemain matin. Notre destination: Cap Tribulation. La route longe la côte au dessus de Cairns et s’enfonce dans la forêt humide. C’est la dernière région au nord disposant d’electricité avant les terres sauvages (encore en partie inexplorées) du Cap York où seuls vivent quelques communautés Aborigènes et où s’aventurent parfois quelques explorateurs affirmés. Pour arriver au cap Tribulation il faut d’abord traverser la rivière Daintree sur une sorte de bac coulissant sur un cable. Le temps que le bus s’achemine de l’autre côté de la rive un bâteau nous emmène observer les crocodiles qui infestent les eaux de la région. Notre guide chauffeuse nous fait ensuite explorer la forêt marécageuse avant de nous déposer dans notre auberge perdue parmi les palmiers. Le cap Tribulation n’est qu’à deux pas. Il y a plusieurs façons de découvrir les environs, je choisis la voie des airs! Après une folle après midi d’accrobaties de primate je regagne la terre ferme et un lit douillet.
 
*Jour 7:
Je suis réveillé par la pluie qui s’abbat sans discontinuer sur le toît en tôles du dortoir. Je dois partir le matin en kayak de mer malheureusement la pluie trouble l’air et l’eau et rend l’exploration dangeureuse. Je me rabat donc sur la forêt humide qui porte très bien son nom ce jour là,  étant déjà trempé de la tête aux pieds je tente quand même un denier tour dans la végétation luxuriante et ruisselante en espérant rencontrer un casoar, ce gros oiseau de type autruche avec un casque osseux sur la tête. Mais la recherche tient de la chasse au dahut, pas de casoar. Tant pis… ou tant mieux car les légendes racontent que le casoar aime courser les touristes et que le seul moyen de le repousser est de lever les bras bien haut pour se faire plus grand que lui! Le bus reprend la route vers Cairns dans l’après midi et réussit à traverser les rivières qui débordent et envahissent les ponts et menacent comme souvent de bloquer l’accès au cap pour plusieurs jours. Nous arrivons cependant sains et saufs à Cairns, une ville où l’on entend parler français à chaque coin de rue. Un petit sushi avec deux compatriotes franchouillardes de Strasbourg rencontrées dans le bus et retour dans mes quartiers au Bohemia Hotel.
 
*Jour 8:
 Encore un dernier lever aux aurores pour prendre la mer et rejoindre la grande barrière de corail au large de la ville. J’embarque donc sur un petit bâteau à moteur avec a bord une quinzaine d’espagnols en stage de plongée. Il fait un temps magnifique mais la mer est agitée. Comme l’excursion doit être bouclée en fin d’après midi le temps est compté, le bâteau mets donc les gaz et se transforme en hors bord, au début c’est marrant on penche de 90° à droite puis de 90° à gauche toutes les deux secondes, on se croirait dans une fête foraine, mais quand le capitaine annonce qu’ils nous reste près de deux heures avant d’atteindre le récif je blêmit. A chaque balancement une autre masse d’eau s’abat sur les passagers assis sur les côtés, on est trempés jusqu’aux os, on claque des dents mais je préfère mon sort à ceux qui se tordent le ventre à l’arrière du bâteau. Soudain la mer devient plus calme, on arrive au niveau des récifs qui font barrière aux vagues. Le bâteau jette l’ancre, j’enfile une combinaison car on est en pleine mer et l’eau est froide. Me revoilà sous l’eau un appareil photo étanche dans chaque main, les coraux sont bien plus en forme et colorés que dans les eaux chaudes des Whitsundays, je bombarde donc de photos cette merveille menacée avant que la mort blanche ne la réduise en poussière et je me faufile une dernière fois entre les poissons avec la sensation bizarre de nager dans un mètre de fond tout en étant perdu au milieu de l’océan. A bord on nous sert un solide repas et une soupe bien chaude et le bâteau prend le chemin du retour avec dieu soit loué moins d’encombres qu’à l’aller! Je m’envole de Cairns au soleil couchant, épuisé mais content, ici s’achève la véritable histoire de mon aventure dans le grand nord!
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Nouvelles avariées mais diverses et variées!

Bonjour, bonsoir à tous
 
où que vous soyez en cette saison estivale à ce qu’il paraît diluvienne et glacée!
 
Non, mes nouvelles ne sont pas toutes très fraîches mais il était temps de briser le silence et de vous raconter ce que l’expérience de ces derniers mois a accumulé d’événements, d’impressions et d’anecdotes.
 
Le premier semestre s’est terminé en beauté par une deuxième série de rapports tous plus intéressants les uns que les autres: analyse du discours de pardon aux Aborigènes et aux "générations volées", toute une génération d’enfants enlevés de leurs familles par le gouvernement dans les années 50, 60 et 70 pour être placés au mieux dans des familles blanches ou au pire et pour la plupart d’entre eux dans des missions avec des centaines d’autres orphelins forcés. L’Australie avait alors changé sa stratégie: au lieu d’attendre "l’extinction naturelle de la race" déjà décimée par les maladies importées par les colons, elle s’engageait dans une politique d’occidentalisation forcée des enfants. Il s’agissait pour nous d’analyser en parallèle le discours du nouveau premier ministre de Gauche Kevin Rudd à l’origine du processus de réconciliation avec celui de Brendan Nelson le chef de l’opposition dont le parti était au pouvoir pendant plus de 10 ans sous John Howard pour qui la cause Aborigène était le cadet de ses soucis. Le discours de pardon de l’opposition révèle en filigrane des excuses faites à contre-coeur et persiste à défendre des arguments comme: "on a rien à se reprocher sur notre passé" ou "ça partait d’une bonne intention, c’était pour leur bien"! Le public présent à Canberra le 13 Février dernier pour écouter le pardon officiel de chaque parti ne s’y est pas trompé: Kévin Rudd a été acclamé, beaucoup d’émotion, de chaudes larmes de soulagement parmi le public Aborigène, tandis que Brendan Nelson ne s’est attiré que des huées, des bras croisés et des dos tournés. Certains n’ont pas pu supporter ses insinuations et ont carrément quitté la salle.
 
Autre rapport interressant: celui sur l’anglais aborigène, un anglais qui ressemble à du mauvais anglais mais qui sur tous les plans (sémantique, syntaxique, phonologique et pragmatique) est emprunt des modes de communications particuliers à cette culture 50 fois millenaire et des langues aborigènes aujourd’hui menacées. C’était l’occasion de se plonger dans des bouquins passionnants sur l’histoire des langues Australiennes et des créoles, et de constater l’ampleur des dégats causés par l’anglais: sur 250 langues aborigènes différentes (aussi distinctes que l’allemand et l’espagnol), seulement 80 ont survécu mais pour la plupart à travers une poignée de locuteurs. Il est certain que ces personnes déjà âgées vont emporter dans leur tombe des dizaines de langues et autant de façons d’appréhender le monde. Voilà une des nombreuses conséquences de la propagation de l’anglais sur cette planète. Profs d’anglais, ayez conscience de ce que vous faites: oui à l’anglais de l’échange commercial, politique et interculturel, non à l’anglais de l’abrasion, de l’effacement des cultures, tueur de langues et promoteur d’un monde où le mot "pittoresque" n’aura plus de sens!
 
Vous allez me dire les Aborigène c’est une obsession! Le fait est que je pense avoir mieux cerné la nature même de l’Australie: un exemple réussit de cohabitation de cultures, il n’y a pas une nation, qui n’y soit représentée, le monde entier y vient trouver un refuge ou une vie facile, tranquille, "sans soucis". Une qualité de vie proche de l’idéal (avec ses exceptions bien entendu), une cuisine qui est la synthèse parfaite des meilleurs plats des quatre autres continents, peu de chômage et un pouvoir d’achat qui reste raisonable puisque le pays vit sur ses propres gisements de pétrole. Avec ses 4,2 millions d’habitants (le double de Paris) Sydney a beau être la plus grande ville d’Australie on s’y sent aussi en sécurité qu’à Angoulême à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Mais il y a des choses qui frappent: pourquoi les habitants sont aussi peu fiers de leur pays jusqu’à dire qu’ils s’y ennuient? J’ai entendu cela plus d’une fois dans la bouche des Australiens et je ne pense pas être le seul. Pourquoi la plupart des gens vont passer leurs vacances en Europe et n’ont souvent jamais mis les pieds dans les grand parcs et sites de leur pays, pourtant à portée de m… d’avion! et que le monde entier admire? Pourquoi le moindre meuble un peu artistique, la moindre pâtisserie qui sort de l’ordinaire se voient qualifiés de "French"? Et surtout pourquoi cette stratégie de marketing marche aussi bien ici? Le chauvinisme Français et celui de nombreux pays Européens est admiré d’une façon extrême qui en devient presque gênante.
 
C’est peut-être là l’unique problème de l’Australie: où est passée la petite étincelle, la passion de ce pays? En Australie on se sent sur une autre planète comme dirait le petit Futé: les paysages fantastiques, lunaires et idyliques, la flore et la faune la plus étrange de notre bonne vieille Terre. Mais le petit Futé ne crois pas si bien dire! L’Australie fait bien l’effet d’une autre planète où se serait implantée une colonie de gens venus des quatres coins du monde, chacun essayant de reconstituer tant bien que mal l’atmosphère de son pays avec une nostalgie désarmante. Que ce soit les premiers colons qui persistaient, stoïques, à fêter Noël autour du traditionnel gigot d’agneau-pommes de terre sous 45°C de chaleur, ou bien de nos jours cette habitude étrange de fêter un deuxième Noël en Juillet! Mis à part le côté blagounet et commercial de la chose, est-ce que ça ne cacherait pas le mal général de tous ces déracinés qui ne rêvent que de neige et de froid? On sent bien que l’Australie avec ses deux siècles d’histoire (au sens non-aborigène du terme) est toujours en quête de son identitée. Tout cela pour dire que l’étincelle est à chercher tant qu’il en est encore temps chez les seules personnes capables de parler avec passion de cette terre insolite, ceux qui étaient là dès l’origine: les Aborigènes, ultimes possesseurs de l’authenticité et du sens véritable de ce pays.
 
Je suis tombé par hasard sur ces deux citations l’autre jour:
l’une (de Zola) résume bien le rapport familial et maternel que les Aborigènes entretiennent avec leur terre et que l’on retrouve partout dans leur language et leur façon de communiquer. Une conception que partagent d’autres peuples indigènes d’Afrique et d’Amérique.
l’autre (de l’écrivain anglais Chesterton) décrit parfaitement comment tout ce que j’apprends sur ce pays (et Dieu sait ce que j’en apprend!) m’aide à apprécier le mien avec je l’espère plus de lucidité.
 

"La terre seule demeure l’immortelle, la mère d’où nous sortons et où nous retournons."

"Le but du voyage n’est pas de poser le pied sur une terre étrangère. C’est finalement de poser le pied dans son propre pays comme s’il s’agissait d’une terre étrangère."

 
Il y aurait tellement de choses à raconter sur ce sujet, je vais donc m’arrêter là et passer du genre argumentatif au narratif afin d’épargner votre patience! Il fallait juste que je marque le coup car tout cela trottait dans ma tête depuis un moment. Je vous présente la suite des faits au prochain numéro!
 
Bisous!
 
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A new home

Bonjour à tous,
 
Les semaines passent et je ne vous ai pas écrit depuis longtemps. Après notre chouette weekend à Jervis Bay les trois semaines qui ont suivi ont été bien chargées en boulot. J’ai du mettre les bouchées doubles pour pouvoir rendre mes quatre rapports à temps à la fac. De longues journées enfermé à la maison assis à mon bureau à écrire pendant que la pluie tombait sans discontinuer. Après plus de deux semaines à ce régime le soleil s’est enfin montré et depuis il a l’air de vouloir rester. Je n’avais pas grand chose d’agréable à raconter durant cette période, une vrai vie d’ermite, à tel point que sortir faire mon marché pour la semaine était devenu mon seul divertissement! j’exagère peut-être un peu, mais c’est l’idée! Une petite période noire qui a du aider entre autres à faire s’installer un léger "mal du pays" (ou des gens qui y habitent?), la chanson française n’arrangeant rien au tout. Clare l’ancienne coloc a laissé un cd de Jacques Brel sur l’étagère du salon. D’habitude je ne suis pas très réceptif à son plat pays ou à son port d’Amsterdam, mais là tout à coup ces deux chansons ont fait sens, la nostalgie à l’état pur. Je vous raconte pas le triste tableau: debout seul face à l’évier à faire la vaisselle dans la maison assombrie par la pluie avec en fond les emportements de Brel. Mais assez de misérabilisme, trois semaines passées et plus de 10 000 mots plus tard mon travail semble avoir porté ses fruits: j’ai reçu la mention "high distinction" pour mon rapport en Analyse du Discours, je ne pouvais pas espérer mieux, surtout pour un devoir que je n’ai même pas eu le temps de faire relire à un anglophone! Je pense tout de même que Suzan (ou Sue pour les intimes!) a été assez indulgente, il faut dire que sa classe est assez hétéroclite: il y a des australiens mais aussi des étudiants étrangers des quatres coins du monde, de tous les âges, des enseignants, des gens qui reprennent leurs études… Je peux donc respirer enfin, même si il va falloir que j’attaque la dernière série de rapports à rendre pour Juin.
 
Un soir j’ai été pris d’une furieuse envie de crêpes. En nettoyant les placards on a découvert que Clare devait s’adonner à un étrange trafic de farine vu la quantité de sac stockés un peu partout jusque dans le congel! J’ai donc invité quelques amateurs le weekend suivant pour une soirée crêpes salées et sucrées. Parmis les invités Martin (Danemark) avait amené sa copine australienne. Apparement ma tête lui disait quelque chose, elle a d’abord mis ça sur le compte de ma ressemblance avec le personnage principal des Triplettes de Belleville au profil soit disant très français (bon… à vous de juger!). Puis il s’est avéré tout simplement qu’elle était une des musiciennes qui habitent la maison que j’avais visitée deux mois auparavant lors de ma folle quête de logement. Comble du comble: elle connaît très bien le prof qui me donne des cours au conservatoire de Sydney. On ne le répetera jamais assez: le monde est bien petit! Revenons aux crêpes: elles sont bien le signe que j’essaye de cuisiner pour résister aux khébabs, kentucky Fresh Chicken et autres Subway ouvert 24h sur 24 et 7 jour sur 7 implantés tous les 300m, difficile de les éviter! J’ai donc pris de bonnes résolutions et, chose que je n’avais jamais faite auparavant, je vais désormais chaque semaine dans une petite épicerie où pour trois fois rien je ressors les bras pleins de vrais fruits et légumes qui sentent la campagne et avec toujours le petit "thanks love!" de l’épicière en partant, aussi savoureux que ses fruits!
 
Même si je ne suis pas beaucoup sorti de la maison pendant quelques temps, y vivre a été riche en expériences: c’est pas tout d’acheter les légumes, il faut savoir faire quelque chose de décent avec! Finies les semaines de bouffe vite faite à Poitiers avec en tête le weekend pour mettre les pieds sous la table et enfin manger équilibré. J’ai donc profité de ces semaines à la maison pour m’engager en des territoires méconnus: comme la stérilisation de haricots verts! ou bien le steak de Kangourou au beurre maître d’hôtel, ou tout simplement la ratatouille. Je trouve que je me suis pas mal débrouillé dans l’ensemble et j’ai enfin retrouvé le goût des repas de chez moi, vivre dans cette maison est une vraie école de la vie! Pour ce qui est de la vie en colocation tout se passe bien, le courant passe bien avec Hortensia (oui bon ne riez pas, je ne peux pas changer son nom!). Je réalise que je n’aurais pas pu prendre un appartement tout seul à Sydney et que la colocation est non seulement avantageuse pour le prix mais aussi pour se sentir "à la maison". Mine de rien c’est quand même agréable de rentrer le soir et préparer un truc pour le dîner en discutant pendant des heures de tout et de rien plutôt que de se retrouver seul devant son assiette, surtout quand comme ici la télé ne vaut pas souvent la peine d’être allumée! La petite maison de Cowper Street résonne souvent des grands cris de Lizbeth, une amie colombienne d’Hortensia, danseuse de salsa et de merengue et excellente préparatrice de café. Elle vient de temps en temps avec son copain australien Rollo, qui travaille dans le montage vidéo, est danseur de salsa également et qui ne rêve que d’Amérique Latine. Autre avantage de la coloc: les échanges culturels! Lizbeth va s’installer quelques temps à la maison en espérant de trouver un logement près de chez nous. Elle contribue un peu aux dépenses ce qui permet d’alléger un peu le loyer, et elle est de très bonne compagnie. Quant à Rolo (je ne sais pas comment écrire son nom) il vient de partir pour le Brésil où il a le projet de tourner quelquechose. Comme il a quitté sa colocation il nous a légué tout un carton de provisions, des chaises, et des ustensiles de cuisine. Une pratique très australienne puisque la majorité des meubles de la maison viennent d’amis de Clare qui sont partis vivre à l’étranger.
 
En tout cas la maison est bien équipée et très respectueuse de l’environement. C’est la trace laissée par Clare, végétarienne (mais amatrice de steack à ses heures!) et membre actif bénévole de la "Wilderness Society", une association locale de protection de la nature. On essaye de marcher dans ses pas et de continuer à faire le tri pour le compost. Du liquide vaisselle bio au papier toilette recyclé, jusqu’aux autocollants collés sur mon vélo où il est écrit "One less car". Une voiture en moins! Ce vélo a pour ainsi dire changé ma vie: plus besoin de compter sur les bus qui ne passent que quand ils veulent ou qui refusent des passagers quand ça leur prend! Désormais quand je vais à la fac je passe par le jardin, je met un casque et je pars en vélo pour 15 petites minutes de trajet dans les petites rues pour éviter le traffic sur Broadway. Depuis je suis rarement en retard en cours! Comme je n’ai pas de lumière sur mon vélo, le soir je trace pour éviter les flics qui rôdent souvent dans le quartier. Un cycliste sans lumière est une proie facile pour eux! Si vous googlez "Cowper Street Glebe" comme je l’ai fait avant d’emménager, vous aller apprendre que cette rue a très mauvaise réputation. Glebe est un quartier où des riches en 4×4 côtoient des gens au bas de l’échelle sociale, comme les aborigènes qui habitent les logements sociaux au coin de la rue. Du coup il y a souvent quelques incidents mais ça ne va pas plus loin que des vitres de voitures cassées. 300 par an quand même et seulement dans ma rue! Mais on finit par s’habituer aux bris de verre sur les trottoirs, la rue n’est pas si mal fâmée que les journaux veulent le faire croire. Mais pour quelques jeunes délinquants désabusés la police de Sydney a carrément mobilisé une patrouille afin de surveiller la rue en permanence…
 
A propos des aborigènes, je suis vraiment content d’avoir choisi ce cours "Aboriginal Cultures". J’arrive bien mieux à cerner le concept d’aboriginalité. Sur le premier rapport que j’ai rendu Jennifer, la prof d’origine Wiradjuri, m’a laissé un commentaire dont je suis assez fier: "J’espère que le reste de votre séjour à Sydney et en Australie continuera à vous offrir de multiples occasions d’apprendre et comprendre les cultures et identités aborigènes. N’étant ni aborigène ni australien, votre regard extérieur a une vision particulièrement claire de notre monde!" Autant mon premier contact avec une personne indigène s’était soldé par un "sale blanc", autant le dernier a été presque émouvant: Le festival du film espagnol battait son plein la semaine dernière et l’on sortait d’un film argentin "¿Quién dice que es fácil?". On s’est posé avec Roxane et Julien sur le trottoir quand un aborigène émêché nous a accostés une bière à la main. Il venait de quitter un groupe de russes qui attendaient devant la porte du cinéma et nous a crié "you cunt! (sans doute l’insulte suprême en anglais). You’re on MY land" (vous êtes sur mes terres). On était un peu surpris mais on lui a sérieusement répondu que oui cette terre était bien la sienne, et Roxane lui a même demandé si il nous autorisait à y être. Et là il s’est arrêté et nous a répondu: oui, a frotté gentiment la tête de Roxane en disant qu’elle était sa soeur et que nous étions aussi ses frères. On l’a remercié et il est parti complètement apaisé, comme si l’alcool n’avait plus d’effet sur lui, nous offrant le reste de sa bière qu’il a posée parmis les nôtres sur le trottoir… Impressionant!
 
Voilà les dernières nouvelles marquantes de ces dernières semaines. J’ai ouvert un compte à la Commonwealth Bank, il ne me reste plus qu’à trouver un boulot. J’ai mis des annonces sur internet pour donner des cours de français, à la bibliothèque et dans les toilettes d’un café qui fait aussi librairie d’occasion! Un endroit charmant, un peu poussiéreux et bohème, tout ce qui fait le charme de Glebe. J’essaye de faire du sport, le vélo tous les jours et la piscine du Victoria park qui n’est pas loin.
 
J’espère n’avoir pas été trop long, en même temps je vous devais bien ça! Bonne journée à vous tous puisque chez vous le soleil se lève.
 
A bientôt
 
Nico
 
 
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Me revoilà!

Wouh! plein de nouvelles choses à raconter!
 
Les grands moment de ces dernieres semaines:
 
* J’ai eu la chance d’avoir par Brendan un billet gratuit pour aller écouter la 8ième symphonie de Shostakovitch dans l’opéra. A l’intérieur la salle les murs et le sol sont recouverts de bois ainsi que les sièges avec coussins violet-rose qui pète style 70-80 et un grand orgue est intégré dans le mur du fond. La salle est organisée d’une façon un peu étrange, il ya eu pas mal de problèmes au niveau de l’acoustique lors de la construction: la scène n’est pas complètement au fond, elle est légèrement vers le milieu et il y a même des sièges derrière mais ce n’est franchement pas le meilleur endroit pour apprécier un concert. En plus de ça la forme de l’ensemble n’est pas idéale pour l’écoute, il a fallu ajouter ce qu’ils appellent des "nuages accoustiques", des grosses bouées transparentes suspendues au plafond par des cables pour améliorer la propagation du son. Au fond cela donne un côté futuriste qui va bien avec l’extérieur de l’opéra.
 
*Roxane et Julien on investi dans une voiture, ou plutôt une maison sur roues! Ils ont fait l’affaire du siècle: Un grand break de chez Ford avec tout ce qu’il faut à l’intérieur pour partir à l’aventure. Inclus dans le prix: une table de pique nique, deux réchauds à gaz avec adaptateur grille pain, un service en plastique, une lampe à pétrole, une grande tente de 4 places et je crois que la liste continue. A ce niveau là je pense qu’on peut appeler ça une voiture meublée!
 
*Le weekend dernier la voiture a fait son plus grand voyage avec ses nouveaux propriétaires: Jervis bay, une baie magnifique et préservée dans un parc naturel sur la côte au sud de Sydney. Apparement on peut y voir des dauphins et des baleines à la saison, on a pas eu cette chance mais le reste nous a suffit largement! Le voyage s’est organisé au dernier moment, mais c’est aussi ça l’esprit d’aventure! J’ai pris le train depuis Sydney le vendredi après midi avec le strict minimum dans mon sac à dos bourré à bloc et avec l’essentiel pour ma survie: une poche pleine de crumpets et de miel pour le ptit dèj. j’en fait une cure depuis deux mois et depuis je suis accroc, un paquet en moins de trois jours! Le train a serpenté pendant presque 3 heures, passant à travers la forêt, s’arrêtant dans des petites gares paumées, une vieille mine de charbon, et longeant souvent la mer. Une fois arrivé à Nowra, j’ai rejoint le reste de la troupe qui avait fait le trajet à 5 dans la maison roulante pleine de meubles et de victuailles. On s’est serré un peu et on est reparti direction Jervis bay. Il faisait déjà bien nuit mais on est arrivé sans problème dans un des campings du parc naturel. Une fois arrivé et la lampe à pétrole allumée on a pu monter la tente et la table. Alex nous a préparé un repas Thai digne d’un restaurant. On a eu quelques problèmes avec les deux réchauds qui au début étaient en mode lance flammes, mais tout s’est arrangé. Jamais aussi bien mangé en camping (un clin d’oeil à la virée camping en Espagne de l’été dernier et les pâtes froides au sel cuites dans le creux d’un caniveau d’air d’autoroute!) Après manger la tentation était trop grande: on est allé voir la plage  en traversant la forêt dans le noir. On s’est posé sur la plage au sable fin comme du sucre, voire de la farine! Au dessus de nos têtes un ciel magnifique, deux fois plus d’étoiles que notre ciel de l’hémisphère nord, la voie lactée était là et les étoiles filantes aussi! On est resté gagas devant la nature mais malheureusement on a fini par rentrer car contrairement aux jours les nuits à Jervis Bay sont glaciales. Mikko, Maria, Alex et Roxane ont dormi dans la tente et Julien et moi dans la voiture. Le lendemain matin on est allé voir ce que donnait la plage de jour: on a pas été déçu. On a piqué une tête et puis on est allé prendre le ptit déj. On a passé l’après midi sur une nouvelle plage à ramasser les coquillages en compagnie des kangourous! Le soir on est revenu à un repas plus campingesque: des pâtes, seulement on était pas seul à avoir faim, on a été encerclés toute la nuit par des possums affamés. les possums sont des marsupiaux de la taille d’un gros chat avec un gros museau pointu et une fourrure grise épaisse comme celle des koalas. Et le problème c’est qu’ils n’ont pas peur de l’homme, pires que des mouches, impossible de s’en débarrasser, il fallait souvent surveiller la table ou était étalée toute la nourriture car une seconde d’inattention et ça y est: yen avait un qui fouillait dans la glacière. On pouvait crier, faire des grands gestes, taper du pied… rien, le possum nous regardait l’air désabusé et continuait ce qu’il était en train de faire. On a aussi assisté à un combat de possums dans l’arbre juste au dessus de la table, enfin il y avait pas mal d’ambiance dans le camping ce soir là!
On a troqué les places dans la voiture contre celles de Roxane et Alex dans la tente et on a dormi en travers un matelas pendant une heure ou deux jusqu’à ce que ce ckgnqfjkpfrchkr de matelas se dégongle d’un coup dans la nuit, après quoi on a du finir la nuit à même le sol. Le lendemain farniente sur la plage du camping puis visite du jardin botanique, pas extraordinaire mais heureusement il y avait des kangourous.. il en faut peu pour être heureux! A la fin de la journée j’ai quitté la troupe après un pique nique près de la gare de Nowra. Un weekend qui restera gravé dans les mémoires… LETS GO SURFING NOW BLABLABLABLABLABLABLA!

* Une dernière grande nouvelle tant attendue: J’ai enfin trouvé une maison! J’ai quitté Helen Geoff et Ben lundi pour poser mes valises à Glebe, un quartier moins chic que Balmain mais avec un charme très bohème, plus modeste, plus populaire mais plus vivant, pleins de gens d’un peu partout mais aussi pas mal d’aborigènes dans ma rue. J’habite donc dans une terraced house, les petites maisons victoriennes typiques de Sydney que je partage avec Hortensia, prof d’espagnol de 34 ans qui vient d’Adalousie. Sa maison de famille en Espagne est construite au bord de la mer et a vue sur l’Afrique. Ma chambre est très grande, pas de lumière directe mais elle donne sur une petite pièce avec des baies vitrées qui est innondée de soleil toute la journée et où j’ai mis mon bureau. J’ai acheté les meubles de Clare, la collocataire Anglaise que je remplace. J’ai vraiment de la place donc si jamais quelqu’un voulait venir je n’aurais aucun problème à l’héberger, et il y a aussi un canapé lit dans le salon au rez de chaussée et un mini bout de jardin à l’arrière pour étendre le linge, le tout dans un empacement vraiment idéal, près de tout.

J’avoue avoir été un peu faignant sur les photos ces derniers temps mais je vais peut être en emprunter quelques unes à mes compatriotes. Roxane par exemple, qui a une moyenne de mille photos par jour! lol Je vais prendre quelques photos de la maison aussi, ça peut peut-être vous intéresser.

le temps passe vite, j’entame mon troisième mois à Sydney. J’espère que tout se passe bien pour vous, bon dimanche à tous

bisous

Nico

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